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Libido en berne dans le couple : et si on arrêtait de “vouloir bien faire” ?

  • Photo du rédacteur: Dominique Michel
    Dominique Michel
  • 24 avr.
  • 3 min de lecture

Dans de nombreux couples, la baisse du désir est vécue comme un échec. Un problème à corriger. Une anomalie à réparer.

Et très vite, une mécanique s’installe :plus le désir diminue, plus l’inquiétude augmente plus l’inquiétude augmente, plus la pression s’installe et plus la pression est là… moins le désir revient

C’est un cercle bien connu en psychologie.

Car le désir ne répond pas à l’injonction. Il ne se décrète pas. Il se favorise.


Le désir n’est pas spontané… il est relationnel

Contrairement à certaines idées reçues, le désir dans le couple n’est pas un état permanent. Il est influencé par de multiples facteurs :

  • la charge mentale

  • la fatigue physique et émotionnelle

  • la sécurité affective

  • l’image de soi

  • les tensions non exprimées

  • et… la routine

Avec le temps, la sexualité peut devenir prévisible, parfois même "fonctionnelle". On sait comment faire, mais on ne ressent plus vraiment pourquoi on le fait.

Ce n’est pas un manque d’amour. C’est souvent un manque de stimulation psychique et émotionnelle.


Introduire du jeu : une approche thérapeutique indirecte

En thérapie de couple ou en sexologie, il n’est pas rare de travailler autour de la notion de jeu.

Pourquoi ?

Parce que le jeu permet :

  • de diminuer l’enjeu de performance

  • de réintroduire de la curiosité

  • de mobiliser l’imaginaire

  • de remettre du mouvement là où tout est figé

Dans ce contexte, les jouets sexuels peuvent être envisagés non pas comme des "objets de remplacement", mais comme des supports d’exploration.

Ils ne viennent pas combler un manque. Ils viennent ouvrir un espace.


Déplacer la pression pour relancer le désir

Un des effets intéressants de ces médiateurs, c’est qu’ils déplacent l’attention :

On passe de :"Est-ce que je vais avoir envie ? Est-ce que ça va marcher ?"

À :"Qu’est-ce qu’on pourrait explorer ensemble ?

Ce changement, en apparence simple, modifie profondément la dynamique psychologique.

Le corps se détend. L’esprit s’autorise. Le désir… peut réapparaître.


Un prétexte pour remettre de la parole

Au-delà de l’objet en lui-même, ce qui est souvent thérapeutique, c’est ce qu’il permet de dire.

Introduire un jouet dans le couple, c’est souvent ouvrir des questions comme :

  • "Qu’est-ce que tu aimes vraiment ?"

  • "Qu’est-ce qu’on n’ose pas se dire ?"

  • "Qu’est-ce qui nous manque aujourd’hui ?"

Et dans beaucoup de cas, le problème n’était pas l’absence de désir…mais l’absence de dialogue autour du désir.


Ce que cela ne doit pas devenir

Il est important de rester vigilant sur certains points :

  • Un jouet ne doit jamais être utilisé pour “corriger” un partenaire

  • Il ne doit pas devenir une norme ou une obligation

  • Il ne remplace ni l’intimité émotionnelle, ni la qualité du lien

S’il est introduit dans une logique de pression ou de comparaison, il risque d’accentuer les blocages.

Comme souvent en thérapie :ce n’est pas l’outil qui fait la différence…c’est l’intention relationnelle qui l’accompagne.


Retrouver une sexualité vivante, pas parfaite

L’un des pièges majeurs dans les couples est la recherche d’une sexualité “réussie”.

Or, une sexualité vivante est :

  • imparfaite

  • évolutive

  • parfois maladroite

  • souvent surprenante

Réintroduire du jeu, de la curiosité, voire une part de légèreté, c’est sortir d’une logique de performance pour revenir à une logique de rencontre.


En conclusion

Les jouets sexuels, lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre sécurisant et consenti, peuvent devenir de véritables médiateurs thérapeutiques.

Non pas parce qu’ils créent du désir à eux seuls, mais parce qu’ils permettent de :

  • relâcher la pression

  • réactiver la curiosité

  • remettre du dialogue

  • et redonner au couple un espace d’exploration

En réalité, ils ne font qu’une chose essentielle :

ils redonnent au couple la possibilité de jouer.

Et parfois, c’est exactement là que le désir recommence.

 
 
 

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